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Vaccins

RRO : vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons

Composition

Deux vaccins combinés contre la rougeole, la rubéole et les oreillons sont distribués au Canada :

  • M‑M‑R II (Merck);
  • Priorix (GSK).

Il s’agit de vaccins à virus vivants atténués.

Chaque dose de M‑M‑R II reconstitué contient :

  • au moins 1 000 DICC50 du virus de la rougeole cultivé sur des cellules d’embryon de poulet (souche « suratténuée » dérivée de la souche atténuée Edmonston B d’Enders);
  • au moins 1 000 DICC50 du virus de la rubéole cultivé sur des fibroblastes diploïdes pulmonaires humains (souche Wistar RA 27/3);
  • au moins 12 500 DICC50 du virus des oreillons cultivé sur des cellules d’embryon de poulet (souche Jeryl Lynn);
  • 14,5 mg de gélatine hydrolysée;
  • 14,5 mg de sorbitol, 3,3 mg de milieu 199 Hanks, 3,1 mg de phosphate de sodium monobasique, du chlorure de sodium, 2,2 mg de phosphate de sodium dibasique, 1,9 mg de sucrose, 0,5 mg de bicarbonate de sodium, moins de 0,3 mg d’albumine humaine recombinée, 0,1 mg de milieu minimum essentiel, 30 µg de phosphate de potassium dibasique, 25 µg de néomycine, 20 µg de monohydrate de glutamate monosodique, 20 µg de phosphate de potassium monobasique, 3,4 µg de rouge de phénol et moins de 1 ppm de sérum de veau fœtal;
  • le diluant composé d’eau stérile.

Chaque dose de Priorix reconstitué contient :

  • au moins 1 000 DICC50 du virus de la rougeole cultivé sur des cellules d’embryon de poulet (souche de Schwarz);
  • au moins 1 000 DICC50 du virus de la rubéole cultivé sur des cellules diploïdes humaines MRC‑5 (souche Wistar RA 27/3);
  • au moins 5 000 DICC50 du virus des oreillons cultivé sur des cellules d’embryon de poulet (souche RIT 4385, dérivée de la souche Jeryl Lynn);
  • du sorbitol, du lactose, du mannitol, des acides aminés et des traces de sulfate de néomycine;
  • le diluant composé d’eau stérile.

Présentation

  • M‑M‑R II :
    • Fiole unidose de vaccin lyophilisé et fiole unidose de 0,7 ml de diluant.
    • Le vaccin reconstitué est une solution jaune clair.
  • Priorix : 
    • Fiole unidose de vaccin lyophilisé et ampoule unidose de 0,5 ml de diluant.
    • Le vaccin reconstitué est une solution dont la couleur varie de pêche clair à rose fuchsia.

Les vaccins et les diluants sont dans des boîtes séparées.

Indications

Le calendrier régulier inclut 1 dose du vaccin RRO-Var dès l’âge de 1 an puis 1 dose du vaccin RRO-Var à l’âge de 18 mois.

Préexposition

Gratuit

Vacciner les enfants le jour de leur 1er anniversaire ou le plus tôt possible après cette date.

Gratuit

Vacciner les enfants âgés de 6 à 11 mois à risque accru d’exposition à la rougeole parce qu’ils se rendent dans une zone où la maladie est endémique ou épidémique.

Pour obtenir des renseignements concernant les pays où existe un risque accru d’exposition à la rougeole, voir le Guide d’intervention santé-voyage Ce lien s'ouvre dans une nouvelle fenêtre..

Gratuit

Vacciner les personnes considérées comme non protégées contre l’une ou l’autre de ces infections.

Voir les sections ci-dessous pour connaître les critères de protection contre la rougeole, la rubéole et les oreillons.

Postexposition

Gratuit

Vacciner les personnes âgées de 6 mois et plus considérées comme non protégées dans les 72 heures qui suivent le 1er contact avec un cas de rougeole.

Dans certains cas, des Ig sont recommandées. Pour plus de détails, voir Ig et la Fiche technique pour la gestion des cas et des contacts : La Rougeole.

Personnes considérées comme protégées contre la rougeole

Personnes nées avant 1970.

Personnes ayant une sérologie démontrant la présence d’anticorps contre la rougeole.

Personnes ayant une attestation médicale confirmant qu’elles ont eu la rougeole avant le 1er janvier 1996.

Personnes ayant une preuve écrite de vaccination contre la rougeole. Le nombre de doses requises pour considérer les personnes comme protégées varie :

  • 2 doses :
    • personnes nées depuis 1980;
    • personnes nées entre 1970 et 1979 qui sont des stagiaires ou des travailleurs de la santé, des voyageurs ou des recrues militaires.
  • 1 dose : personnes nées entre 1970 et 1979 qui ne sont ni des stagiaires, ni des travailleurs de la santé, ni des voyageurs, ni des recrues militaires.

    Les doses de vaccin doivent avoir été reçues à partir de l’âge de 1 an selon un intervalle d'au moins 4 semaines entre les doses.

Les femmes enceintes nées entre 1970 et 1979 qui n’ont eu qu’une seule dose de vaccin contre la rougeole devraient recevoir des Ig suite à une exposition significative. Pour plus de détails, voir Ig et la Fiche technique pour la gestion des cas et des contacts : La Rougeole.

Il se pourrait que les critères pour considérer une personne comme protégée contre la rougeole diffèrent dans d’autres provinces ou pays.

Personnes considérées comme protégées contre la rubéole

Personnes ayant une preuve écrite qu’elles ont reçu une dose de vaccin, même en présence d’une sérologie négative.

Personnes ayant une sérologie démontrant la présence d’anticorps contre la rubéole à un titre égal ou supérieur à 10 UI/ml.

Des antécédents cliniques de rubéole sans confirmation de laboratoire ne sont pas un indicateur d’immunité.

À noter que le PQI vise à prévenir la rubéole pendant la grossesse. La vaccination des femmes en âge de procréer ainsi que des travailleurs de la santé, qui pourraient transmettre la rubéole à des femmes enceintes, doit être privilégiée.

Personnes considérées comme protégées contre les oreillons

Personnes nées avant 1970.

Personnes ayant une preuve écrite qu’elles ont reçu une dose de vaccin.

Personnes ayant une sérologie démontrant la présence d’anticorps contre les oreillons.

Contre‑indications

Anaphylaxie suivant l’administration d’une dose antérieure du même vaccin ou d’un autre produit ayant un composant identique, excluant les œufs.

États d’immunodépression (voir Vaccinologie pratique, Contre‑indications).

Grossesse (voir Vaccinologie pratique, Grossesse).

Tuberculose active non traitée.

Précautions

Voir Vaccinologie pratique, Précautions.

Les personnes infectées par le VIH qui sont asymptomatiques pourraient être vaccinées si le médecin traitant est d’avis que le risque de la maladie est plus élevé que le risque potentiel du vaccin. La décision d’administrer le vaccin sera prise après consultation d’un spécialiste connaissant la maladie et le vaccin.

Les personnes qui présentent une thrombocytopénie dans le mois suivant l’administration d’un vaccin comprenant le composant contre la rougeole ne devraient être revaccinées qu’après une évaluation médicale. Toutefois, un épisode antérieur de thrombocytopénie non lié au vaccin n’empêche pas la vaccination, car on estime que les avantages de celle‑ci sont supérieurs aux risques. Il convient de préciser que la rougeole et la rubéole naturelles entraînent beaucoup plus souvent cette complication que le vaccin.

Interactions

Le vaccin RRO peut être administré le même jour qu’un autre vaccin vivant atténué injectable ou que le vaccin Inf intranasal ou à au moins 4 semaines d’intervalle.

Si le TCT est indiqué, il doit être fait avant la vaccination, en même temps qu’elle ou au moins 4 semaines après parce que le vaccin RRO peut diminuer la réaction à ce test.

Le vaccin RRO doit être administré 2 semaines avant l’administration d’immunoglobulines, de sang ou d’autres produits sanguins.

Après l’administration d’immunoglobulines ou d’autres produits sanguins, on devra respecter un intervalle pouvant aller jusqu’à 11 mois avant d’administrer le vaccin RRO (voir Vaccinologie pratique, Intervalles entre les immunoglobulines, les autres produits sanguins et les vaccins).

Les immunoglobulines anti‑Rho (D) qui sont administrées avant ou avec le vaccin RRO n’entravent pas la réponse immunitaire au composant contre la rubéole présent dans le vaccin.

Recherche d’anticorps

Avant la vaccination

La recherche systématique d’anticorps avant la vaccination n’est pas recommandée.

Les personnes qui n’ont pas de preuve d’immunité (vaccination ou sérologie) doivent être vaccinées sans délai.

Il n’y a pas de risque accru à administrer le vaccin à une personne qui possède des anticorps contre la rougeole, la rubéole ou les oreillons.

Après la vaccination

La recherche systématique d’anticorps après la vaccination n’est pas recommandée.

La femme enceinte séronégative à l’égard de la rubéole et vaccinée en post‑partum n’a pas à se soumettre à une recherche sérologique d’anticorps après la vaccination, ni au cours de grossesses subséquentes. Si malgré cela une nouvelle sérologie est faite et se révèle négative à l’égard de la rubéole, la femme n’a pas à être revaccinée.

Manifestations cliniques après la vaccination

Voir Manifestations cliniques, Présentation des manifestations cliniques.

Risque attribuable au vaccin

Les données présentées dans le tableau suivant sont tirées d’une étude au cours de laquelle chaque membre de 581 couples de jumeaux âgés de 14 mois à 6 ans a reçu le vaccin RRO ou un placébo (composé de rouge de phénol et de néomycine), puis, 3 semaines plus tard, l’autre substance. Les signes et symptômes ont été surveillés quotidiennement pendant 21 jours.

RAV RRO
Manifestations Vaccin
%
Placébo
%
RAV
%
Pic de fréquence
(jours)
Érythème local s.o.

s.o.

0,8*

2

Douleur locale s.o. s.o. 0,4* 2
Fièvre légère (≤ 38,5 °C rectale) 19

17

2

9-10

Fièvre modérée (38,6 à 39,5 °C rectale) 3,5 0,9 2,6* 9-10
Fièvre élevée (≥ 39,5 °C) 1,3 0,1 1,2* 9-10
Irritabilité 7,3 4,0 3,3* 9-10
Somnolence 3,5 1,4 2,1* 9-10
Éruption généralisée 4,8 3,3 1,5 11-12
Conjonctivite 2,9 1,2 1,7* 9-10
Arthropathie 0,8 0,0 0,8* 7-8
Toux ou coryza 14 16 -2 9-10
Frissons 0,5 0,1 0,4* 9-10
Nausées ou vomissements 0,4 1,2 -0,8* 7-8
Diarrhée 1,8 1,2 0,6 11-12

* Différence statistiquement significative.

Le pic de fréquence est le nombre de jours après la vaccination où la fréquence des manifestations cliniques et la différence de taux de manifestations cliniques observées chez le groupe vacciné et celui ayant reçu le placébo sont les plus élevées.

Même si la différence de fréquence de survenue d’une éruption généralisée entre les 2 groupes n’est pas statistiquement significative, une éruption généralisée apparaissant dans les 5 à 12 jours chez 2‑5 % des vaccinés est mentionnée dans plusieurs textes de référence, et une association entre cette réaction et le virus vaccinal de la rougeole est plausible biologiquement. Toutefois, cette réaction peut être causée par d’autres maladies virales éruptives survenant en bas âge (ex. : roséole).

Même en l’absence d’études comparatives, d’autres manifestations cliniques sont considérées comme liées au vaccin :

  • Le composant antirubéoleux du vaccin peut causer une arthrite ou une arthralgie transitoire dont la fréquence et la gravité augmentent avec l’âge. Cette manifestation survient souvent chez l’enfant (de 1 à 9 %) et très souvent chez la femme (de 10 à 49 %), en particulier si elle est réceptive à la rubéole.
  • Le composant antiourlien du vaccin cause parfois une parotidite (de 1 à 9 cas sur 1 000); celle‑ci survient le plus souvent dans les 10 à 14 jours suivant la vaccination.
  • Le risque de convulsions fébriles attribuables au vaccin est rare (de 2,5 à 3,4 cas sur 10 000) et diminue avec l’âge. Les enfants recevant le vaccin et faisant des convulsions fébriles ne sont pas plus à risque de faire d’autres convulsions ou de développer une maladie neurologique évolutive que ceux qui font des convulsions fébriles sans avoir reçu le vaccin.
  • La thrombocytopénie attribuable au vaccin est très rare (de 2,5 à 4,0 cas sur 100 000); elle survient dans les 42 jours suivant l’administration du vaccin et est passagère.
  • L’encéphalite a été rapportée chez moins de 1 cas sur 1 million; le risque d’encéphalite lié à la vaccination est beaucoup moins élevé que celui lié au virus sauvage de la rougeole, qui est de 1 cas sur 1 000.

Les manifestations cliniques attribuables au vaccin surviennent plus souvent après la 1re dose; elles sont plus rares après la 2e dose, étant observées principalement chez le faible pourcentage de personnes qui demeurent réceptives à la suite de la 1re dose.

Manifestations cliniques observées

Les réactions locales surviennent souvent (de 1 à 9 %).

Une lymphadénopathie survient parfois (de 1 à 9 sur 1 000).

L’anaphylaxie est très rare à la suite de l’administration du vaccin (de 1 à 9 sur 100 000).

De nombreuses études cliniques et épidémiologiques n’ont démontré aucune association entre la vaccination et les maladies inflammatoires de l’intestin ou l’autisme (voir Communication, Questions et réponses sur la vaccination, Question 18).

Administration

Administrer le vaccin le plus rapidement possible après sa reconstitution ou au plus tard 8 heures après en le conservant entre 2 et 8 °C.

Administrer le contenu du format unidose par voie SC.

Calendrier de M‑M‑R II et Priorix
Âge Nombre de doses Précisions

Pour l’immunisation contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle, le calendrier régulier inclut :

  • 1 dose du vaccin RRO-Var dès l’âge de 1 an;
  • 1 dose du vaccin RRO-Var à l’âge de 18 mois.
1 an et personnes nées depuis 1980 2

Intervalle minimal : 4 semaines

Étant donné que 2 doses sont requises à l'âge de 1 an ou plus, si un enfant a reçu le vaccin RRO entre l’âge de 6 et 12 mois (voir Indications), 2 autres doses lui seront administrées à l’âge de 1 an ou plus

Personnes nées entre 1970 et 1979 1 ou 2 Voir Personnes considérées comme protégées contre la rougeole

Réponse au vaccin

Immunogénicité

Rougeole

Après 1 dose reçue après l’âge de 1 an, le taux de séroconversion est de plus de 95 % et dépasse 99 % après 2 doses.

Rubéole

Après 1 dose, plus de 97 % des personnes obtiennent un titre d’anticorps protecteur (≥ 10 UI/ml).

Lorsque la personne a une preuve d’immunité (vaccination ou sérologie), l’absence d’anticorps ne signifie pas nécessairement l’absence de protection en raison de la persistance de la mémoire immunitaire.

Oreillons

Après 1 dose, le taux de séroconversion est de 95 %.

La majorité des personnes qui n’ont pas développé d’anticorps après l’administration de la 1re dose en développeront après la 2e.

Efficacité

Rougeole

L’efficacité est de 85 à 95 % après la 1re dose et de plus de 95 % après la 2e dose.

Rubéole

Lors d’éclosions de rubéole, l’efficacité démontrée après 1 dose est de 95 %.

Des cas de réinfection asymptomatique, objectivée par une élévation du titre d’anticorps, ont été observés chez des personnes vaccinées.

Exceptionnellement, une virémie transitoire apparaît chez des personnes immunisées par l’infection naturelle ou une vaccination antérieure, mais la transmission du virus au fœtus est rare, et aucun cas de syndrome de rubéole congénitale dans ces circonstances n’a été documenté.

Oreillons

Des études récentes ont démontré que l’efficacité du vaccin contre les oreillons augmentait avec le nombre de doses : de 62 à 91 % après 1 dose et de 79 à 95 % après 2 doses. Ces données doivent toutefois être placées dans le contexte de l’efficacité du vaccin dans la population canadienne, où l’incidence des oreillons a diminué de plus de 99 % depuis la période prévaccinale.

Dernière mise à jour : 05 juillet 2019

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