Information pour les professionnels de la santé

Virus Zika

Contexte

Depuis les années 1950, le virus Zika a été détecté de manière occasionnelle en Afrique et en Asie. Il a causé une épidémie en 2007 en Micronésie (île de Yap) dans le sud-ouest de l'océan Pacifique. Entre 2013 et 2015, plusieurs éclosions importantes ont été signalées dans des îles et des archipels de la région du Pacifique, notamment en Polynésie française.

Selon le dernier rapport de situation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) du 9 mars 2018, Zika virus classification table, 9 March 2018 Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. (en anglais seulement), 86 pays ou territoires dans le monde avaient rapporté une transmission vectorielle locale du virus Zika, dont 71 pays avec une transmission toujours active.

En Amérique, le virus Zika a été identifié pour la première fois au Brésil en 2015. À la suite de son introduction en Amérique du Sud, le virus Zika s’est propagé en Amérique centrale, dans les Caraïbes et au Mexique. Aux États-Unis, une transmission locale du virus Zika a été identifiée pour la première fois à Brownsville, au Texas, et à Miami-Dade, en Floride, en 2016. Mais, cette transmission a été limitée. Depuis 2018, aucun cas acquis localement n’a été rapporté dans la portion continentale des États-Unis. Pour des précisions sur la situation aux États-Unis, veuillez consulter la page Zika Cases in the United States Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. (en anglais seulement) du site Centers for Disease Control and Prevention.

Pour connaître la situation épidémiologique mondiale du virus Zika et avoir accès à la liste des pays touchés par ce virus, consultez les pages :

Pour avoir accès à la liste des pays avec transmission locale active du virus Zika, consultez la page Pays où il y a des cas récents et continus d'infection par le virus Zika Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. du gouvernement du Canada.

Pour connaître la situation épidémiologique du Zika au Canada, consultez la page Virus Zika : Pour les professionnels de la santé Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. du site du gouvernement du Canada.

Manifestations cliniques

La période d'incubation du virus Zika est estimée de 3 à 14 jours. La majorité des personnes infectées par ce virus (75-80 %) demeurent asymptomatiques. Lorsque le virus cause des symptômes, ceux-ci sont généralement bénins et durent de 2 à 7 jours. Les principales manifestations cliniques sont les suivantes :

  • fièvre peu élevée (38,5 °C ou moins);
  • arthralgies, myalgies;
  • hyperémie conjonctivale ou conjonctivite bilatérale non purulente;
  • éruption cutanée maculopapulaire qui débute souvent au visage pour ensuite s’étendre au corps;
  • asthénie, céphalées.

Dans de rares cas, le virus Zika cause des maladies plus graves, telles que le syndrome de Guillain Barré et des anomalies congénitales, notamment la microcéphalie chez l’enfant à naître de mères infectées par le virus pendant leur grossesse, particulièrement au début de celle-ci.

Transmission

Le virus Zika est un virus qui est principalement transmis par la piqûre d’un moustique infecté. Le principal vecteur du virus Zika est le moustique Aedes aegypti. La présence de ce moustique est en grande partie restreinte aux régions tropicales et subtropicales bien que des populations de ces moustiques peuvent être isolées dans certains habitats de zones tempérées. Le moustique A.albopictus a aussi été impliqué comme vecteur du virus Zika, mais son rôle dans l’éclosion 2015-2016 est incertain. Ce vecteur est très répandu dans le monde.

Les conditions climatiques du Québec ne sont pas favorables au développement et à l’établissement de ces moustiques, qui ne se sont pas établis non plus ailleurs au Canada. Toutefois, au cours des dernières années, des moustiques A. albopictus ainsi qu’un très petit nombre de moustiques et de larves d’A. aegypti ont été identifiés dans le cadre d’une surveillance rehaussée à Windsor en Ontario. On ne sait pas si ces moustiques ont été introduits par les transports en provenance des États-Unis ou s’ils ont pu survivre à l’hiver. Des études se poursuivent à ce sujet. Aucun des moustiques analysés n’était positif pour le virus Zika. Au Québec, un seul œuf d’A. aegypti a été découvert dans le cadre d’une surveillance rehaussée réalisée à proximité des frontières américaines en 2017.

En plus de la transmission par moustiques, la transmission sexuelle du virus, bien que moins fréquente, a aussi été documentée. Plusieurs pays, dont le Canada, ont rapporté la transmission sexuelle du virus Zika. La transmission sexuelle peut se faire lors des relations sexuelles vaginales, anales et possiblement orales. La présence du virus Zika a été identifiée dans le sperme des hommes infectés jusqu’à plusieurs semaines suivant la maladie et il a aussi été confirmé dans les sécrétions génitales féminines pendant une dizaine jours après le début de la maladie. La durée réelle de l'élimination du virus dans les sécrétions génitales féminines demeure encore peu documentée.

La transmission materno-fœtale du virus Zika a aussi été rapportée par plusieurs pays.

Le virus Zika peut aussi se transmettre lors d’une transfusion sanguine. Toutefois, cette transmission est très rare. Par précaution, Héma-Québec a ajouté un nouveau critère d'admissibilité pour les donneurs de sang. Depuis le 7 février 2016, une personne ayant séjourné ailleurs que dans la portion continentale des États-Unis ou en Europe devra attendre 21 jours après son retour au Canada pour faire un don de sang. Cette mesure vise à prévenir les risques liés au virus Zika, mais également ceux de virus similaires tels que les virus de la fièvre dengue et du chikungunya.

Surveillance de l'infection par le virus Zika au Québec

Au Québec, l’infection par le virus Zika n’est pas une maladie à déclaration obligatoire, mais elle fait l’objet d’une vigilance depuis janvier 2016. Les cas d’infection au virus Zika confirmés par le laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) sont signalés aux autorités de santé publique régionales, qui communiquent avec les personnes infectées pour documenter les manifestations de la maladie ainsi que le lieu et le mode d’acquisition de la maladie.

En date du 7 mars 2019, aucun cas d’infection au virus Zika n’a été rapporté au Québec depuis le début de l’année. Le nombre cumulatif de cas rapportés depuis le début de la surveillance est de 118, répartis comme suit :

  • 88 cas en 2016
  • 23 cas en 2017
  • 7 cas en 2018

Recommandations pour le diagnostic de laboratoire de l'infection par le virus Zika

Vous pouvez consulter la lettre concernant les nouvelles recommandations pour le diagnostic de laboratoire de l’infection par le virus Zika (version 6) Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. sur le site de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Mesures de prévention et recommandations pour les femmes enceintes ou qui planifient une grossesse

Depuis le 18 janvier 2019, l'Agence de la santé publique du Canada a mis à jour la recommandation pour la prévention de la transmission sexuelle de Zika. Auparavant, on recommandait aux voyageurs de sexe masculin rentrant au pays d'attendre 6 mois avant de tenter de concevoir un enfant. On leur conseillait également d’utiliser de manière adéquate les préservatifs dans leurs rapports avec leur partenaire sexuel pendant 6 mois. Cette recommandation a été révisée à 3 mois sur la base de nouvelles preuves scientifiques concernant la présence du virus Zika infectieux dans le sperme. Il est toujours recommandé aux voyageurs de sexe masculin ayant une partenaire enceinte de continuer à s'abstenir de rapports sexuels non protégés pendant la durée de la grossesse.

Il est recommandé aux femmes enceintes et à celles qui prévoient le devenir de reporter tout voyage dans un pays où il y a des cas récents et continus d’infection par le virus Zika Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. par les moustiques. De plus, considérant le risque potentiel de transmission du virus dans les secteurs adjacents aux secteurs où une transmission locale a été documentée, il est recommandé aux femmes enceintes et à celles qui planifient une grossesse de songer à reporter tout voyage dans ces secteurs. Si le voyage ne peut être reporté, ces femmes doivent appliquer rigoureusement les mesures de protection personnelle pour se protéger des piqûres de moustiques Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. en plus des mesures de prévention de la transmission par voie sexuelle.

Il est fortement recommandé aux femmes enceintes de continuer d’utiliser une méthode barrière pendant la durée de la grossesse, pour toute relation sexuelle (vaginale, anale, orale) avec un partenaire de retour d’un pays où il y a des cas récents et continus d’infection par le virus Zika Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.

Il est fortement recommandé aux femmes qui planifient une grossesse d’attendre pendant au moins deux mois après leur retour d’un voyage dans un pays où il y a des cas récents et continus d’infection par le virus Zika Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. avant de devenir enceinte. Il est aussi fortement recommandé d’éviter d’avoir des relations sexuelles non protégées avec un partenaire masculin ayant voyagé en zone à risque dans les trois mois précédents.

Le document Recommandations pour les professionnels de la santé : prévention et dépistage de l'infection par le virus Zika chez la femme enceinte ou désirant le devenir et son partenaire émises par le groupe de travail sur les infections materno-fœtales du CHU Sainte-Justine est actuellement en révision. Il sera disponible depuis cette page lorsque sa mise à jour sera terminée.

Prévention de la transmission par voie sexuelle (en dehors d'un contexte de grossesse actuelle ou planifiée)

Compte tenu de la persistance du virus dans le sperme, il est recommandé que les hommes ayant voyagé dans les zones de transmission active du Zika utilisent une méthode barrière lors de relations sexuelles (par voie orale, vaginale ou anale) avec tout partenaire pour trois mois après le départ du pays où il y a des cas récents et continus d'infection par le virus Zika Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Compte tenu de la présence du virus dans les sécrétions génitales féminines, il est aussi recommandé aux femmes ayant voyagé dans les zones de transmission active du Zika d’envisager le recours à des méthodes barrières lors de relations sexuelles pendant au moins huit semaines après leur départ de la zone affectée.

Ces recommandations ont été révisées en fonction de l’évolution de la situation et des connaissances sur la maladie.

Liens utiles

Dernière mise à jour : 08 mars 2019, 16:59

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