Information pour les professionnels de la santé

Virus Zika

Contexte

Depuis les années 1950, le virus Zika a été détecté de manière occasionnelle en Afrique et en Asie. Il a causé une épidémie en 2007 en Micronésie (île de Yap) dans le sud-ouest de l'océan Pacifique. Entre 2013 et 2015, plusieurs éclosions importantes ont été signalées dans des îles et des archipels de la région du Pacifique, notamment en Polynésie française.

Selon le rapport de situation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) du 10 mars 2017, 84 pays ou territoires dans le monde ont rapporté une transmission vectorielle locale du virus Zika dont 61 qui rapportent une transmission qui est toujours active.

En Amérique, le virus Zika a été identifié pour la première fois en 2015. Selon le rapport du 27 avril 2017, de l’Association Pan-américaine de la santé (PAHO), 48 pays et territoires en Amérique ont confirmé une transmission locale du virus Zika depuis 2015, alors que 5 pays ont rapporté une transmission sexuelle du virus Zika. Ces pays sont principalement situés en Amérique du Sud, en Amérique centrale et dans les Caraïbes. En Amérique du Nord, il est rapporté que la transmission se poursuit au Mexique, mais l’incidence des cas est à la baisse depuis octobre 2016. Les États-Unis ont rapporté qu’il n’y avait plus de secteur avec transmission active du virus en Floride. Toutefois, il est possible que quelques cas isolés continuent d’être déclarés. Au Texas, aucun nouveau cas de Zika n’a été déclaré depuis le début de l’année 2017. Pour plus de détails concernant la situation épidémiologique du virus Zika en Amérique,  veuillez consulter le rapport de situation du 27 avril 2017 de l’OMS (en anglais seulement) .

La majorité des personnes infectées par ce virus ne développent pas ou développent peu de symptômes. Toutefois, dans de rares cas, le virus Zika cause des maladies plus graves telles que le syndrome de Guillain‑Barré et des anomalies congénitales, notamment la microcéphalie chez l’enfant à naître de mères infectées par le virus pendant leur grossesse, particulièrement au début de celle-ci. À ce jour, 31 pays ou territoires ont rapporté à l’OMS des cas de microcéphalie et d’autres malformations du système nerveux central potentiellement associées à l’infection au virus Zika ou suggérant une infection congénitale. Vingt-trois pays et territoires ont rapporté une augmentation de l’incidence du syndrome de Guillain Barré ou la confirmation d’une infection au virus Zika chez des personnes atteintes du syndrome de Guillain Barré.

Pour connaître la situation épidémiologique mondiale du virus Zika et avoir accès à la liste des pays touchés par ce virus, consultez le site Web :

Pour connaître la situation épidémiologique du Zika au Canada, consultez le site du gouvernement du Canada Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Manifestations cliniques

La période d'incubation du virus Zika est estimée de 3 à 12 jours. La majorité des personnes infectées par ce virus (75-80 %) demeurent asymptomatiques. Lorsque le virus cause des symptômes, ceux-ci sont généralement bénins et durent de 2 à 7 jours. Les principales manifestations cliniques sont les suivantes :

  • fièvre peu élevée (38,5 °C ou moins);
  • arthralgies, myalgies;
  • hyperémie conjonctivale ou conjonctivite bilatérale non purulente;
  • éruption maculopapuleuse qui débute souvent au visage pour ensuite s’étendre au  corps;
  • asthénie, céphalées.

Transmission

Le virus Zika est un virus qui est principalement transmis par la piqûre d’un moustique infecté. Les deux principaux vecteurs du virus Zika, soit Aedes Aegypti et A.Albopictus., sont très répandus dans le monde, mais ne sont pas présents au Québec. Les conditions climatiques du Québec ne sont pas favorables à son développement.

En octobre 2016, le bureau de santé de Windsor-comté d’Essex dans le sud de l’Ontario a identifié les moustiques Aedes Albopictus et Aedes Aegypti dans le cadre de leur surveillance entomologique. Aucun d’eux n’était toutefois porteur du virus Zika. Les autorités de l’Ontario croient qu’il pourrait s’agir de moustiques importés des États-Unis. Ces moustiques n’ont pas été identifiés ailleurs au Canada.

En plus de la transmission par moustiques, la transmission sexuelle du virus, bien que moins fréquente, a aussi été documentée. Plusieurs pays, dont le Canada, ont rapporté la transmission sexuelle du virus Zika. La transmission sexuelle peut se faire lors des relations sexuelles vaginales, anales et possiblement orales. La présence du virus Zika a été identifiée dans le sperme des hommes infectés jusqu’à plusieurs semaines suivant la maladie et il a aussi été confirmé dans les sécrétions génitales féminines) pendant une dizaine jours après le début de la maladie. La durée réelle de l'élimination du virus dans les sécrétions génitales féminine demeure encore peu documentée.

La transmission materno-fœtale du virus Zika a aussi été rapportés par plusieurs pays.

Le virus Zika peut aussi se transmettre lors d’une transfusion sanguine. Toutefois, cette transmission est très rare. Par précaution, Héma-Québec a ajouté un nouveau critère d'admissibilité pour les donneurs de sang. Depuis le 7 février 2016, une personne ayant séjourné ailleurs que dans la portion continentale des États-Unis ou en Europe devra attendre 21 jours après son retour au Canada pour faire un don de sang. Cette mesure vise à prévenir les risques liés au virus Zika, mais également ceux de virus similaires tels que les virus de la fièvre dengue et du chikungunya.

Surveillance de l'infection par le virus Zika au Québec

Au Québec, l’infection par le virus Zika n’est pas une maladie à déclaration obligatoire, mais elle fait actuellement l’objet d’une vigilance accrue. Les cas d’infection au virus Zika confirmés par le laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) sont signalés aux autorités de santé publique régionales, qui communiquent avec les personnes infectées pour documenter les manifestations de la maladie ainsi que le lieu et le mode d’acquisition de la maladie.

En date du 12 mai 2017, 103 cas d’infection au virus Zika ont été signalés au Québec.

Recommandations pour le diagnostic de laboratoire de l'infection par le virus Zika

Vous pouvez consulter la Mise à jour des recommandations pour le diagnostic de laboratoire de l'infection par le virus Zika Fichier PDF.sur le site de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Mesures de prévention et recommandations pour les femmes enceintes ou qui planifient une grossesse

Il est recommandé aux femmes enceintes et à celles qui prévoient le devenir de reporter tout voyage dans une zone de transmission du virus Zika, incluant les secteurs affectés du sud de la Floride et du Texas Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.. De plus, considérant le risque potentiel de transmission du virus dans les secteurs adjacents aux secteurs où une transmission locale a été documentée, il est recommandé aux femmes enceintes et à celles qui planifient une grossesse de songer à reporter tout voyage dans ces secteurs. Si le voyage ne peut être reporté, ces femmes doivent appliquer rigoureusement les mesures de protection personnelle pour se protéger des piqûres de moustiques Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.en plus des mesures de prévention de la transmission par voie sexuelle.

Il est fortement recommandé aux femmes enceintes d’utiliser une méthode barrière (ex. : jusqu’à la fin de la grossesse, pour toute relation sexuelle (vaginale, anale, orale) avec un partenaire de retour d’une zone où il y a transmission active du Zika, incluant les secteurs touchés au sud de la Floride et du Texas Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.. Bien qu'il n'y ait pas de cas récemment rapporté dans le secteur de Miami-Dade en Floride et que les CDC ont levé les mesures de préventions pour les gens qui habitent ou séjournent dans ce secteur, l'Agence de santé publique du Canada recommande aux femmes enceintes qui souhaitent voyager dans les secteurs de la Floride de demeurer vigilantes en appliquant rigoureusement les mesures de protection recommandées.

Il est fortement recommandé aux femmes  qui planifie une grossesse, d’attendre pendant au moins deux mois après leur retour d’un voyage dans une affectée, avant de devenir enceinte. Il est aussi fortement recommandé d’éviter d’avoir des relations sexuelles non protégées avec un partenaire masculin ayant voyagé en zone à risque dans les six mois précédents. Pour plus d’information sur les mesures de prévention et les recommandations concernant les femmes enceintes ou qui planifient une grossesse, lisez les Recommandations pour les professionnels de la santé : prévention et dépistage de l'infection par le virus Zika chez la femme enceinte ou désirant le devenir et son partenaire Fichier PDF., émises par le groupe de travail sur les infections materno-fœtales du CHU Sainte-Justine.

Prévention de la transmission par voie sexuelle (en dehors d’un contexte de grossesse actuelle ou planifiée)

Compte tenu de la persistance du virus dans le sperme, il est recommandé que les hommes ayant voyagé dans les zones de transmission active du Zika utilisent une méthode barrière lors de relations sexuelles (par voie orale, vaginale ou anale) avec tout partenaire pour six mois après le départ de la zone affectée Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Compte tenu de la présence du virus dans les sécrétions génitales féminines, il est aussi recommandé aux femmes ayant voyagé dans les zones de transmission active du Zika d’envisager le recours à des méthodes barrières lors de relations sexuelles pendant au moins huit semaines après leur départ de la zone affectée.

Ces recommandations seront révisées en fonction de l’évolution de la situation et des connaissances sur la maladie.

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Dernière mise à jour : 31 juillet 2017, 15:41

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