Ministère de la Santé et des Services sociaux
Information pour les professionnels de la santé
Organisation d’une urgence en région rurale
Risque de fermeture de l’urgence
La fermeture de l’urgence est un risque particulièrement présent en région rurale, en raison du nombre restreint de professionnels ainsi que du recrutement parfois difficile. Compte tenu des risques pour la population, la fermeture d’une urgence est une mesure de dernier recours qui ne doit s’officialiser qu’après l’exploration de toutes les options possibles. Elle doit s’accompagner d’un plan de contingence déterminant les trajectoires de soins mises en place durant la fermeture ainsi que d’un plan de communication avisant toutes les parties prenantes ainsi que la population. Lorsqu’une fermeture est envisagée, il est essentiel de communiquer avec le Centre provincial de vigie et de soutien aux opérations (CPVSO) – cpvso@sante.quebec – afin de bénéficier du soutien et de conseils des directions cliniques de Santé Québec.
Dès qu’il y a un risque imminent de rupture des services de l’urgence, l’installation applique son plan de contingence, qui inclut minimalement les mesures suivantes :
- La DMSP, le chef médical de l’urgence et le chef du département de médecine générale doivent solliciter l’aide et la collaboration des médecins du département de médecine générale afin d’éviter toute interruption de services à l’urgence. La DMSP doit également solliciter les médecins spécialistes pour soutenir le département de médecine générale en difficulté en révisant, de façon temporaire, leur participation aux activités liées à l’hospitalisation.
- La DMSP propose aux médecins spécialistes de prendre à leur charge des usagers hospitalisés afin de contribuer à réduire la tâche des équipes de médecine générale, ce qui permet d’accroître la disponibilité des médecins omnipraticiens à l’urgence.
- Le chef médical de l’urgence doit réviser à la hausse, dans la mesure du raisonnable, les heures de disponibilité de chaque médecin pour assurer le maintien des services de l’urgence.
- Le chef médical de l’urgence et la DMSP doivent moduler les heures de présence à l’urgence pour assurer une meilleure répartition des effectifs médicaux, par exemple instaurer une couverture de 24 heures à l’aide de 2 quarts de 12 heures plutôt que 3 quarts de 8 heures, ou encore 1 quart de 10 heures jumelé à 1 quart de 14 heures.
- La DMSP doit solliciter le soutien de l’établissement afin d’entreprendre des actions auprès des autres installations de son territoire, notamment en faisant appel au soutien des médecins de la région en leur demandant d’inscrire leur nom à la liste de garde ou de participer à des activités liées à l’hospitalisation.
- La DMSP doit solliciter l’aide du département territorial de médecine familiale (DTMF) pour que les services de première ligne soutiennent l’urgence, lorsque possible, afin de diminuer le nombre de visites pour des besoins non urgents (ex. : ouverture de plages de rendez-vous en accès populationnel).
- Lorsque possible et sécuritaire, maintenir le triage pour une évaluation initiale des personnes se présentant d’elles-mêmes afin de les orienter vers un service approprié pour leur condition clinique (réorientation, transfert…).
Dans certaines situations critiques, notamment lorsque le médecin doit quitter l’installation pour effectuer un transfert et qu’aucun autre médecin n’est disponible sur place, un plan de contingence officiel doit être activé sans délai. Ce plan vise à assurer la continuité et la sécurité des soins en l’absence temporaire de personnel médical. Il doit prévoir les mécanismes de réorientation des usagers, les modalités de soutien interinstallations, ainsi que les communications nécessaires auprès des partenaires et de la population, au besoin. L’anticipation de ces situations et la mise en place de procédures claires permettent de limiter les répercussions sur les services à la population.
Dernière mise à jour : 09 juin 2026, 14:00