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Gériatrie

Introduction

La prise en charge des personnes aînées ne peut être considérée comme une activité contournable ou exceptionnelle. Cette clientèle est maintenant l’un des principaux groupes requérant des soins à l’urgence et, si l’on considère l’ampleur des ressources requises, elle est probablement le groupe le plus important à ce chapitre. En 2019-2020, les personnes âgées de 75 ans et plus ont constitué 14,9 % de la clientèle totale des urgences, soit 549 458 visites au Québec. Uniquement en considérant les visites sur civière, la clientèle gériatrique représentait plus de 28,7 % de la clientèle au cours de cette même année, soit 0,6 % de plus que l’année précédente. Qui plus est, de ces épisodes de soins, 30,8 % avaient une durée moyenne de séjour supérieure à 24 h. Compte tenu des conséquences d’aussi longs séjours chez ces personnes, une attitude proactive au regard de la prise en charge et de l’ensemble des processus assurant une prise de décision rapide et une orientation précoce s’impose.

À ce titre, notons que ce sont plus de 47,0 % des personnes âgées de plus de 75 ans installées sur civière qui, après leur parcours à l’urgence, seront hospitalisées qu’importe le niveau de priorité initial à l’ETG. Des mesures encadrant la culture de soins aux aînés sont ainsi plus que jamais déterminantes. Considérant le vieillement de la population, ces données sont sujettes à continuellement augmenter au fil des années. La pression sur les admissions hospitalières ainsi que l’équilibre entre l’évaluation sommaire du besoin de l’usager pour une visite à l’urgence au regard de l’ensemble des facteurs influençant sa condition de santé sera perpétuellement fragile (Shenvi et al., 2019).

La majorité des personnes aînées se présentant à l’urgence sont prises en charge et traitées par les médecins et les professionnels sans que l’intervention de l’équipe de gériatrie soit nécessaire. Une formation et une sensibilisation spécifiques à la situation des soins aux personnes aînées sont indiquées pour l’ensemble du personnel à l’urgence, y compris les médecins, les infirmières, les préposés aux bénéficiaires ainsi que les autres professionnels de la santé (par exemple les pharmaciens, les ergothérapeutes, les physiothérapeutes, etc.).

En outre, la considération du contexte de vie de l’usager âgé de plus de 75 ans prend tout spécifiquement son importante afin de cerner les modalités sous-jacentes l’amenant à consulter dans un service d’urgence. La compréhension des facteurs de risque et des enjeux permet potentiellement de mieux positionner les décisions cliniques pendant un séjour à l’urgence. Néanmoins, l’usager étant suivi par des ressources en première ligne ou un médecin de famille, la transition de l’information et l’arrimage des orientations permettra de mieux l’encadrer (Stevens et al., 2014).

Depuis 2011, l’AAPA en milieu hospitalier s’est progressivement implantée dans les urgences et les unités de soins des établissements du Québec. Un Cadre de référence a également été publié pour outiller et soutenir les établissements dans ce processus d’implantation et de pérennisation des différentes stratégies visant une approche optimale de cette clientèle. Cette approche permet de prévenir le déclin fonctionnel et d’autres complications associées à l’hospitalisation, telles que la dénutrition, le syndrome d’immobilisation, le délirium ou les réactions indésirables aux médicaments. Bien qu’un organe puisse être traité en priorité, il faut considérer l’état général et l’enchevêtrement, l’interinfluence et la comorbidité des différentes maladies chroniques ou conditions physique, physiologique et psychosociale de la personne aînée.

L’AAPA repose sur cinq principes généraux, soit :

  • une approche de soins transformée passant d’un modèle biomédical conventionnel à un modèle biopsychosocial global mieux adapté à la complexité de l’usager aîné aux prises avec un problème de santé aigu;
  • une considération particulière portée à l’égard de l’environnement physique et social afin qu’il puisse favoriser l’autonomie fonctionnelle et le bien-être de la personne aînée;
  • des soins centrés sur l’amélioration fonctionnelle plutôt que sur le traitement des organes atteints uniquement, puisque l’objectif ultime est d’assurer la meilleure qualité de vie possible;
  • le changement du modèle de soins, passant d’une gestion médicale à celle d’une équipe (la responsabilité du maintien ou de la récupération fonctionnelle devient interprofessionnelle avec un rehaussement particulier du rôle de l’infirmière dans le suivi et la réadaptation fonctionnelle);
  • la planification précoce d’un congé : dès l’admission, envisager l’épisode de soins comme une étape de transition dans un continuum, notamment en repérant les problèmes susceptibles d’affecter le fonctionnement à long terme, et amorcer les traitements ou les recommandations pouvant être poursuivis dans la communauté.

Les aînés présentent souvent plusieurs antécédents et morbidités qui peuvent influencer l’expression de leur affection aiguë ayant déclenché la visite à l’urgence. Les professionnels de l’urgence devraient être alertes du fait que les personnes aînées peuvent manifester divers symptômes mal définis laissant présager une possible perte d’autonomie actuelle ou future et nécessitant une intervention plus complexe. Selon Arcand et Hébert (2007) :

[…] La perte d’autonomie constitue un des modes de présentation les plus fréquents des maladies chez la personne aînée. Ce syndrome clinique est le prototype même de la maladie [de la personne aînée en perte d’autonomie] : symptômes peu spécifiques, évolution insidieuse, présentation atypique, atteinte concomitante des sphères physique, psychique, sociale et fonctionnelle. La perte d’autonomie recouvre une foule de diagnostics et est souvent réversible, une fois le problème identifié. Elle demande donc une attention particulière, une évaluation exhaustive et une intervention.

Dernière mise à jour : 12 juillet 2021, 11:01

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