Ministère de la Santé et des Services sociaux
Information pour les professionnels de la santé
Gouvernance, qualification et intégration des équipes en milieu d’urgence
Personnel médical de l'urgence
Le fonctionnement adéquat de l’urgence repose sur une équipe médicale stable, engagée à offrir des services continus et de qualité. Cette équipe s’assure que l’unité évolue dans un climat de collaboration, d’engagement et de qualité axé sur les données probantes et le développement des compétences. À cet effet, une organisation médicale de groupe peut favoriser une plus grande implication des membres de l’équipe. En plus des avantages touchant la stabilité, l’entraide mutuelle et la collaboration interdisciplinaire, ce type de pratique favorise l’attribution de temps protégé aux médecins qui prennent en charge l’enseignement, la recherche ou des dossiers clinico-administratifs d’importance.
Dans les urgences où le volume d’activité est élevé et dans celles ayant une mission secondaire ou tertiaire, il est souhaitable de composer une équipe de médecins ayant davantage orienté sa pratique vers la médecine d’urgence et pour laquelle il s’agit de l’activité principale. L’équipe de médecins à temps plein peut être complétée par un certain nombre de médecins à temps partiel, selon les règles établies. Pour les urgences ayant un important volume de visites et une mission secondaire ou tertiaire, il est souhaitable de compter sur l’équipe des médecins spécialistes en médecine d’urgence, leur formation spécifique représentant un atout pour ce type de milieu. Pour plus d’information sur la qualification des médecins, veuillez vous référer à la section quantification et qualification.
Dans les urgences ayant un petit volume de visites et les urgences en milieu rural, il est toutefois préférable que les omnipraticiens y pratiquant conservent une pratique médicale polyvalente.
Règlements du Département ou du Service de médecine d’urgence
L’urgence constitue l’un des secteurs d’activité les plus stratégiques d’un centre hospitalier. Par la nature des soins qui y sont dispensés à toute heure du jour et de la nuit, elle exige que les médecins qui y pratiquent possèdent une formation, une expérience et des compétences particulières. L’urgence est en constante relation avec la plupart des départements du centre hospitalier et, pour cette raison, elle constitue une plaque tournante pour l’ensemble de l’établissement.
Des règlements régissent le fonctionnement interne de l’urgence et sont approuvés par le conseil des médecins, dentistes, pharmaciens et sages-femmes (CMDPSF) et le conseil d’administration de l’établissement.
Selon la Loi sur la gouvernance du système de santé et de services sociauxÂ
, ces règlements concernent principalement :
- le processus de nomination et le maintien des privilèges des membres de l’urgence;
- le maintien des compétences minimales exigées au regard de la mission particulière de l’installation (par exemple les soins avancés en traumatologie, en pédiatrie, en cardiologie, etc.);
- le processus de nomination du chef du département ou du service;
- les devoirs et obligations des médecins du département ou du service;
- le processus de gestion et la mise à jour de l’horaire de garde;
- l’évaluation de la qualité de la pratique médicale;
- la tenue des dossiers;
- l’obligation des membres de l’équipe de l’urgence de participer aux divers comités régis par le CMDPSF;
- la gestion des absences;
- les modalités relatives à la pratique en milieu universitaire, s’il y a lieu.
Nombre de médecins requis
Le nombre de médecins nécessaire à l’urgence pour répondre aux besoins des usagers est établi en fonction de l’achalandage et du type de clientèle. La composition du département d’urgence doit aussi tenir compte des éléments requis à l’obtention d’une réponse adéquate touchant la rapidité et la qualité de la prise en charge de la clientèle.
L’organisation médicale à l’urgence doit tenir compte d’une orientation visant la satisfaction des éléments suivants :
- Les objectifs visent principalement le respect des cibles de prise en charge médicale recommandées par l’ETG, en particulier pour les usagers de priorité 1, 2 et 3, conformément aux standards proposés par l’Association canadienne des médecins d’urgence (ACMU, 2002; Stobbe et coll., 2003);
- La prise en compte, pour la couverture médicale planifiée, de la disponibilité transmise au chef de l’urgence;
- Le respect des cibles du MSSS et de Santé Québec au regard des durées de séjour des usagers à l’urgence.
Pour plus d’information sur la quantification des médecins, veuillez vous référer à la section quantification et qualification.
Présence médicale et organisation du travail
Des mécanismes pour assurer une présence médicale suffisante en tout temps ou lors des heures d’ouverture, selon la catégorisation des urgences, doivent être instaurés dans chaque urgence. Pour répondre à cette condition et pour faire face aux grandes périodes d’achalandage, l’urgence doit pouvoir compter sur un mécanisme permettant une capacité d’offre de service ponctuelle supplémentaire, au même titre que le rehaussement des effectifs des autres membres du personnel de l’urgence, au besoin.
Ce mécanisme peut prendre plusieurs formes : médecin sur appel, réaffectation de tâches clinico-administratives, prolongation de certains quarts de travail lorsque les horaires se chevauchent ou quarts « casinos » (décalés), ou tout autre moyen retenu par l’équipe et le chef médical.
Il est essentiel de s’assurer que l’équipe médicale en place compte suffisamment de médecins pour que tous les usagers puissent bénéficier de l’évaluation initiale requise par leur condition de santé, dans des délais acceptables.
Le mode de fonctionnement des médecins a une influence directe sur la charge de travail de l’équipe soignante, la durée de séjour des usagers et les temps d’attente à l’urgence. À l’inverse, des ajustements ciblés dans l’organisation médicale peuvent contribuer à réduire l’encombrement, accélérer la prise en charge et améliorer la qualité des services offerts.
Sous la responsabilité de leur chef, les équipes médicales sont invitées à réévaluer en continu, dans un système apprenant basé sur la littérature et les données probantes, leurs pratiques afin de limiter les répercussions sur les autres intervenants et de favoriser une meilleure fluidité des soins. Cette collaboration interdisciplinaire est essentielle pour optimiser l’efficacité globale de l’urgence.
Coordonnateur médical de l’urgence
Dans les installations où un coordonnateur médical de l’urgence est nommé, ce dernier, placé sous l’autorité du DMSP, a pour principale fonction de veiller à la coordination des activités quotidiennes. Il intervient pour prévenir les périodes d’encombrement et participe activement au processus de désencombrement en établissant les liens nécessaires avec les services situés en amont, en intra et en aval de l’urgence. Il lui incombe de déceler les dysfonctionnements et de participer à la recherche, à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des solutions dans une optique d’amélioration continue.
La fonction de coordonnateur est assumée à temps complet et préférablement par des médecins d’expérience. Le coordonnateur connaît les services offerts par l’établissement ainsi que la distribution des soins et des services sur son territoire.
Le médecin coordonnateur de l’urgence a pour principale fonction de voir à l’utilisation optimale des services de l’urgence. Il s’assure d’un déroulement fluide des soins à l’urgence. Ses fonctions comprennent, notamment, les volets suivants :
- Coordonner la gestion des civières à l’urgence en accélérant le processus de consultation et d’accès aux services de l’installation;
- Assister le médecin traitant dans la planification du recours à des ressources alternatives à l’urgence ou à l’hospitalisation;
- Revoir les dossiers des usagers en attente d’admission et intervenir, selon les causes des délais d’attente, auprès des divers intervenants visés;
- Veiller à l’application du plan d’action de l’urgence, le cas échéant;
- Collaborer avec les équipes de liaison;
- Collaborer avec le coordonnateur aux admissions advenant la présence de problèmes particuliers.
Le rôle du coordonnateur peut être adapté en fonction des besoins et de l’achalandage de l’installation ou de l’établissement. Par exemple pour une installation en milieu rural, il peut y avoir un coordonnateur médical attitré à l’urgence pour l’ensemble des installations d’un établissement, ou encore une mutualisation des responsabilités de coordination à la fois pour l’urgence et l’hospitalisation.
Quantification et qualification
Depuis 2017, le MSSS propose une méthode de quantification des effectifs médicaux pour les urgences du Québec. Ces travaux ont permis d’assurer une répartition plus juste et équitable des ressources en fonction des activités et des besoins des établissements. Cette méthodologie est notamment reprise dans le calcul et l’élaboration de la répartition des plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM) en médecine de famille.
Le modèle de quantification entre les installations des différents établissements est basé sur les volets suivants :
- Le nombre de visites à l’urgence, excluant les réorientations (en tenant compte du type de visite [ambulatoire ou civière] et de l’âge de l’usager);
- Le nombre d’heures travaillées par un équivalent temps complet (ETC) d’urgence;
- L’établissement du besoin minimal en effectifs médicaux dans les urgences en fonction des heures d’ouverture (pour les milieux ruraux ayant des volumes moins élevés).
Le présent document décline les orientations ministérielles en lien avec la quantification des effectifs médicaux et en précise la teneur.
Découlant de ces travaux, le MSSS a par la suite publié des lignes directrices sur la qualification de la main-d’œuvre médicaleÂ
. Au Québec et au Canada, nous retrouvons trois types de formations médicales aboutissant à un travail dans les urgences :
- Formation en médecine familiale : formation permettant un travail diversifié et une pratique mixte entre les urgences, la prise en charge, l’hospitalisation et d’autres champs de pratique;
- Formation complémentaire en médecine d’urgence : année complémentaire de formation en médecine d’urgence pour les finissants en médecine familiale permettant de consolider les acquis de la résidence pour acquérir les aptitudes à prodiguer des soins d’urgence plus avancés;
- Formation en médecine spécialisée d’urgence : résidence spécialisée de cinq ans permettant d’acquérir des compétences cliniques larges pour toutes les situations d’urgence ainsi que des compétences dans des domaines de pointe, en plus de contribuer au développement de la médecine d’urgence.
Selon la catégorisation de l’urgence (primaire, secondaire ou tertiaire) et les missions d’enseignement, des balises ont été établies concernant le pourcentage recommandé d’omnipraticiens ayant une année de spécialisation en médecine d’urgence (MU3) et de médecins spécialisés en médecine d’urgence (MU5). Le nombre d’ETC calculé par Santé Québec se divise entre les médecins de famille et les médecins spécialistes, dans deux systèmes d’octroi différents. Ces orientations sont utilisées pour planifier les plans d’effectifs médicaux (PEM) et le besoin des postes de résidence pour la formation complémentaire en médecine d’urgence et en spécialité d’urgence.
Dernière mise à jour : 25 juin 2026