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Vaccins

Pneu-C : vaccin conjugué contre le pneumocoque

Composition

Deux vaccins inactivés conjugués contre le pneumocoque sont distribués au Canada :

  • Prevnar 13 (Pfizer);
  • Synflorix (GSK).

Le Synflorix (vaccin Pneu-C-10) contient les 10 sérotypes de Streptococcus pneumoniae suivants : 1, 4, 5, 6B, 7F, 9V, 14, 18C, 19F et 23F.

Le Prevnar 13 (vaccin Pneu-C-13) contient en plus les sérotypes 3, 6A et 19A.

Chaque dose de Prevnar 13 contient :

  • 2,2 µg de chacun des polysaccharides capsulaires de S. pneumoniæ des sérotypes 1, 3, 4, 5, 6A, 7F, 9V, 14, 18C, 19A, 19F et 23F ainsi que 4,4 µg du sérotype 6B;
  • 34 µg de protéine vectrice CRM197, une variante non toxique de la toxine diphtérique (chacun des polysaccharides est conjugué de façon indépendante à cette protéine);
  • 0,125 mg d’aluminium sous forme de phosphate;
  • 4,25 mg de chlorure de sodium, 295 µg d’acide succinique, 100 µg de Polysorbate 80 et de l’eau.

Chaque dose de Synflorix contient :

  • 1 µg de chacun des polysaccharides capsulaires de S. pneumoniæ des sérotypes 1, 5, 6B, 7F, 9V, 14 et 23F ainsi que 3 µg des sérotypes 4, 18C et 19F;
  • de 9 à 16 µg de la protéine D, protéine vectrice dérivée d’Hæmophilus influenzæ non typable (chacun des polysaccharides est conjugué de façon indépendante à cette protéine, sauf les sérotypes 18C et 19F);
  • de 5 à 10 µg d’anatoxine tétanique, protéine vectrice pour la conjugaison du sérotype 18C;
  • de 3 à 6 µg d’anatoxine diphtérique, protéine vectrice pour la conjugaison du sérotype 19F;
  • 0,5 mg d’aluminium sous forme de phosphate;
  • du chlorure de sodium et de l’eau.

Présentation

  • Prevnar 13 :
    • Seringue unidose de 0,5 ml.
  • Synflorix : 
    • Seringue unidose de 0,5 ml.
    • Fiole unidose de 0,5 ml et fiole multidose de 1 ml.

Après agitation, les vaccins ont l’aspect d’une suspension homogène et blanche.

Indications

Gratuit

Vacciner les enfants âgés de 2 à 59 mois (vaccin Pneu-C-10).

Gratuit

Vacciner les personnes de tout âge présentant l’une des conditions suivantes :

Gratuit

Vacciner les personnes présentant certaines conditions jusqu’à l’âge de 17 ans  (voir le Tableau synthèse des vaccins contre le pneumocoque et la Liste des autres conditions).

Autorisé

Vacciner les personnes âgées de 5 ans et plus qui désirent réduire leur risque de contracter une infection à pneumocoque.

Autorisé

Vacciner les enfants âgés de 2 à 59 mois (vaccin Pneu-C-13)

Le CIQ ne recommande pas d’offrir systématiquement ce vaccin aux personnes âgées de 65 ans et plus. Lorsqu’il est indiqué, le vaccin Pneu-C doit être administré même si la personne a déjà fait une infection invasive à pneumocoque, car l’immunité acquise est spécifique au sérotype.

Les protéines vectrices utilisées dans les vaccins Pneu-C ne confèrent pas de protection contre la diphtérie, le tétanos ou les infections invasives à Hib.

Contre‑indications

Anaphylaxie suivant l’administration d’une dose antérieure du même vaccin ou d’un autre produit ayant un composant identique.

Précautions

Voir Vaccinologie pratique, Précautions

Interactions

S’il est indiqué d’administrer le vaccin Pneu‑C et le vaccin Pneu‑P, administrer le vaccin Pneu‑C en premier en observant un intervalle minimal de 8 semaines avec le vaccin Pneu-P.

Si le vaccin Pneu‑P a été administré en premier, le CIQ recommande d’attendre 1 an avant d’administrer le vaccin Pneu‑C.

Manifestations cliniques après la vaccination

Voir Manifestations cliniques, Présentation des manifestations cliniques.

Risque attribuable au vaccin

Les réactions locales et systémiques suivant chaque dose de vaccin ont été vérifiées auprès de groupes d’enfants recevant soit le vaccin Pneu-C-7 avec d’autres vaccins du calendrier régulier (dont le vaccin DCaT), soit d’autres vaccins du calendrier régulier sans le vaccin Pneu-C-7.

Lorsqu’il était comparé seulement au vaccin DCaT, le vaccin Pneu‑C‑7 était associé à un peu plus de réactions au point d’injection (douleur, érythème, induration) lors de la 1re dose et lors du rappel à partir de l’âge de 1 an.

En général, le groupe recevant le vaccin Pneu‑C‑7 et d’autres vaccins du calendrier régulier, dont le DCaT, présentait un peu plus de fièvre (≥ 38 °C), de somnolence, d’irritabilité ou de diminution de l’appétit, particulièrement à la 2e dose.

Manifestations cliniques observées

MCO après le vaccin Pneu‑C
Fréquence Réactions locales Réactions systémiques
Très souvent
(10 à 49 %)

Douleur ou sensibilité gênant le mouvement
Érythème, induration ou œdème

Chez les enfants :

  • Fièvre entre 38 et 39 °C
  • Irritabilité, diminution de l’appétit et changements dans le sommeil

Chez les adultes :

  • Céphalée
  • Myalgie, arthralgie
  • Frissons, fatigue
  • Éruption
  • Diarrhée, vomissements
Souvent
(1 à 9 %)

s.o.

Chez les enfants :

  • Fièvre entre 39 et 40 °C
  • Éruption
  • Vomissements, diarrhée

Chez les adultes :

  • Fièvre
Parfois
(1 à 9 sur 1 000)

Chez les enfants :

  • Érythème, induration
    ou œdème > 7 cm

Chez les enfants :

  • Fièvre de plus de 40 °C
  • Convulsions
  • Pleurs anormaux ou persistants
  • Urticaire

Chez les adultes :

  • Lymphadénopathie
  • Réaction allergique, y compris œdème du visage ou des lèvres, dyspnée
Rarement
(1 à 9 sur 10 000)

s.o.

Chez les enfants :

  • Épisode d’hypotonie‑hyporéactivité
  • Réaction allergique, y compris œdème du visage ou des lèvres, dyspnée

Les réactions systémiques rapportées chez les enfants sont celles survenues lorsque le vaccin était administré en même temps que les autres vaccins du calendrier régulier (ex. : DCaT).

Au Québec, les MCI ont été rapportées moins souvent avec le vaccin Pneu-C-10 qu’après le vaccin Pneu-C-7 et le vaccin Pneu-C-13.

La fréquence des MCO tend à diminuer avec l’âge, notamment chez les personnes âgées de 65 ans et plus.

Chez les adultes de moins de 65 ans, les fréquences observées sont relativement similaires sauf pour les vomissements, qui sont plus fréquents chez les jeunes adultes.

Administration

Bien agiter la seringue ou la fiole avant d’administrer le vaccin. Le sel d’aluminium tend à former un dépôt blanc au fond de la fiole ou dans la seringue.

Jeter la fiole multidose entamée de Synflorix après 6 heures.

Administrer le contenu du format unidose par voie IM.

Calendrier de Prevnar 13 et Synflorix

Le calendrier régulier inclut l’administration de 3 doses de vaccin Pneu-C-10 à 2, 4 mois et 1 an.

Âge à la 1re dose Nombre de doses Précisions
2 à 11 mois

3

Âge minimal : 6 semaines

Intervalle recommandé : 8 semaines

Intervalle minimal avant l’âge de 1 an : 4 semaines

Administrer la 3e dose à l’âge de 1 an ou plus, en respectant un intervalle minimal de 8 semaines depuis la dernière dose

Administrer une dose additionnelle à l’âge de 6 mois aux nourrissons :

Pour les nourrissons avec asplénie anatomique ou hémoglobinopathie, on doit utiliser le vaccin Pneu-C-13 à 2, 4, 6 mois et 1 an. Si la vaccination a été débutée avec le vaccin Pneu-C-10, poursuivre avec le vaccin Pneu-C-13

12 à 23 mois

2

Intervalle recommandé et minimal : 8 semaines

Pour les enfants avec asplénie anatomique ou hémoglobinopathie, on doit utiliser le vaccin Pneu-C-13

2 à 4 ans

1

Pour les enfants avec asplénie anatomique ou hémoglobinopathie, on doit utiliser le vaccin Pneu-C-13

5 ans ou plus 0

Aucune dose n'est requise chez les personnes en bonne santé

Une seule dose du vaccin Pneu‑C‑13 doit être administrée aux personnes suivantes si elles n’ont pas reçu avant l’âge de 5 ans le nombre requis de doses du vaccin Pneu-C-10 ou du vaccin Pneu‑C‑13 :

Les personnes ayant reçu une GCSH doivent recevoir le vaccin Pneu-C-13 selon le calendrier prescrit par le centre de greffes (voir Vaccinologie pratique, Immunodépression, Greffes des cellules souches hématopoïétiques).

Lorsque le vaccin Pneu-P est également indiqué (voir le Tableau synthèse des vaccins contre le pneumocoque et la Liste des autres conditions), administrer le vaccin Pneu-C en premier en observant un intervalle minimal de 8 semaines avec le vaccin Pneu-P. Si le vaccin Pneu-P a été administré en premier, attendre 1 an avant de donner le vaccin Pneu-C.

Si possible, la vaccination contre le pneumocoque devrait être terminée de 10 à 14 jours avant le début d’un traitement immunodépresseur ou avant une chirurgie élective pour splénectomie ou implant cochléaire. Dans le cas d’une splénectomie d’urgence, on vaccine la personne avant son congé de l’hôpital, et ce, dès que sa condition est considérée comme assez stable pour la vaccination.

Réponse au vaccin

Immunogénicité

Les vaccins Pneu-C-10 et Pneu-C-13 ont été homologués sur la base de critères d’immunogénicité et de non‑infériorité par rapport au vaccin Pneu‑C‑7 chez les enfants ou par rapport au vaccin Pneu‑P‑23 chez les adultes.

L’immunogénicité d’un calendrier à 3 doses (2, 3 et 4 mois) a été comparée à celle d’un calendrier à 2 doses (2 et 4 mois) chez des enfants en bonne santé. Avec ces 2 calendriers, plus de 90 % des enfants ont atteint ou dépassé le seuil sérologique considéré comme protecteur. Les niveaux d’anticorps étaient similaires dans les 2 groupes lors des mesures à l’âge de 5 mois et à l’âge de 12 mois, ainsi que la réponse anamnestique après une dose de rappel du vaccin Pneu‑C ou du vaccin Pneu‑P.

Chez les adultes n’ayant jamais reçu de vaccin contre le pneumocoque, la réponse immunitaire aux sérotypes du vaccin Pneu‑C‑13 est semblable ou significativement supérieure sur le plan statistique à celle produite par le vaccin Pneu-P‑23. Des concentrations d’anticorps considérées comme protectrices ont été établies chez les enfants pour les vaccins pneumococciques conjugués, mais de tels seuils ne sont pas établis pour les adultes. Il existe très peu de données concernant l’immunogénicité du vaccin Pneu-C-10 chez les adultes.

Efficacité

Chez les enfants, les vaccins Pneu-C-7, Pneu-C-10 et Pneu-C-13 assurent une protection de haut niveau, de l’ordre de 90 %, contre les infections invasives causées par les sérotypes contenus dans les vaccins. La protection conférée par le vaccin Pneu-C-13 contre les infections causées par des souches de sérotype 3 semble toutefois moindre. Le vaccin Pneu-C-10 confère une protection croisée contre les sérotypes 6A et 19A, et le vaccin Pneu-C-13 confère une telle protection contre le sérotype 6C. Ces protections directes ou croisées semblent s’étendre aux pneumonies non invasives, dont le diagnostic étiologique est particulièrement difficile à poser chez les enfants.

Chez les adultes, 1 dose de vaccin Pneu-C-13 confère une protection de 75 % contre les infections invasives à pneumocoque causées par des sérotypes inclus dans le vaccin et de 45 % contre les pneumonies non invasives d’origine communautaire causées par des sérotypes inclus dans le vaccin.

Chez les enfants, tant le vaccin Pneu-C-10 que le vaccin Pneu-C-13 confèrent une protection contre les otites causées par des sérotypes figurant dans leur composition. Il est possible que le vaccin Pneu-C-10 puisse prévenir des otites causées par des souches d’Hæmophilus influenzæ; non typables, mais les données disponibles sont contradictoires.

La vaccination avec un vaccin Pneu-C réduit la colonisation nasopharyngée par les sérotypes vaccinaux. Ainsi, un programme d’immunisation des enfants avec un vaccin Pneu-C permet de diminuer la transmission des sérotypes vaccinaux dans l’ensemble de la population, ce qui génère une protection collective indirecte. Toutefois, le bénéfice d’une telle immunité collective est érodé par le phénomène de remplacement, qui se traduit par une augmentation de la transmission des sérotypes non couverts par les vaccins Pneu-C.

Chez les enfants âgés de moins de 5 ans au Québec, on a constaté une forte diminution de l’incidence des infections invasives à pneumocoque de tous sérotypes à la suite de l’utilisation des vaccins Pneu-C. L’incidence est passée de 69 pour 100 000 personnes-années en 2003 à 12 pour 100 000 personnes-années en 2016. En 2014-2016, la grande majorité des souches dans ce groupe d’âge (87 %) appartenait à des sérotypes ne figurant pas dans les vaccins Pneu-C.

Chez les adultes âgés de 65 ans et plus, on n’a pas constaté de modification de l’incidence des infections invasives à la suite de l’utilisation des vaccins Pneu-C chez les enfants, bien que la proportion des infections invasives causées par des souches appartenant aux sérotypes contenus dans ces vaccins ait fortement diminué. En 2014-2016, 29 % des infections invasives dans ce groupe d’âge étaient causées par des sérotypes de pneumocoque inclus dans le vaccin Pneu-C-13, 36 % l’étaient par des sérotypes additionnels du vaccin Pneu-P-23 et 35 % l’étaient par des sérotypes non inclus dans les vaccins actuels.

Dernière mise à jour : 05 juillet 2019

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